changement climatique

Le changement climatique : un défi majeur pour la viticulture bourguignonne

Anticiper. Atténuer. S’adapter. Accompagner.


Depuis plusieurs années, les effets du changement climatique s’invitent dans les vignes de Bourgogne. Hausse des températures, épisodes de gel tardif, sécheresses intenses, grêle ou canicule : les aléas se multiplient, les repères évoluent, les pratiques doivent suivre.

Face à ces nouveaux défis, le Vinipôle Sud Bourgogne s’engage aux côtés des viticulteurs pour apporter expertise, conseil et solutions concrètes. Car si le climat change, la capacité d’adaptation de la filière, elle, ne cesse de grandir.


Les aléas climatiques : des effets bien réels dans les vignes

Ce que l’on pressentait hier est devenu aujourd’hui une réalité observable à l’échelle des parcelles. Depuis 2003, les rendements moyens tendent à baisser, tandis que les profils de vin évoluent, parfois de façon marquée. Les périodes de maturité s’avancent, les équilibres des raisins changent, la pression des accidents climatiques s’intensifie.

Gel printanier, sécheresse, canicule, grêle… Ces phénomènes touchent désormais l’ensemble du vignoble bourguignon, bouleversant le quotidien des exploitants.

Comment lutter contre les aléas ?

Au Vinipôle Sud Bourgogne, nous avons fait du terrain notre première source d’apprentissage et d’action. Nos équipes travaillent chaque jour à mieux comprendre les phénomènes, tester des solutions, et transférer les connaissances auprès de la profession.

Face au gel, nous aidons les communes et les exploitants à identifier les zones les plus exposées, à mettre en place des systèmes de surveillance météo, et à choisir les moyens de protection les plus adaptés.

Lors des périodes de sécheresse ou de canicule, nous expérimentons des techniques permettant de limiter le stress hydrique des vignes : gestion de l’enherbement, choix des porte-greffes, pratiques culturales innovantes.

Chaque situation est spécifique, chaque réponse se construit au cas par cas, en tenant compte des particularités de chaque exploitation.

S’adapter pour continuer à produire des vins de qualité

S’adapter, c’est d’abord observer et comprendre. C’est aussi anticiper les dates de récolte, ajuster la gestion de la maturité des raisins, tester de nouveaux cépages ou sélectionner un matériel végétal plus résilient.

Initiatives d'adaptation en cours 

  • Projet VITAF : l'agroforesterie au service de la viticulture
    Le Vinipôle Sud Bourgogne participe activement au projet VITAF, visant à instaurer une dynamique agroforestière dans le vignoble Mâconnais, puis à l'échelle régionale. Ce projet a pour objectif de limiter les effets du dérèglement climatique sur le vignoble en intégrant des éléments agroforestiers tels que des arbres, haies et arbustes. Une circulaire publiée en juin 2024 autorise désormais la prise en compte de ces éléments dans le calcul de la superficie plantée au calcul de la valeur ajoutée (CVI). 
  • Sélection de cépages adaptés
    Face aux évolutions climatiques, le Vinipôle collabore avec le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB) pour expérimenter de nouvelles variétés de vignes plus résistantes à la chaleur et au stress hydrique. Une parcelle expérimentale a été plantée à Aluze en 2024, dans le but d'évaluer le potentiel de ces cépages adaptés aux conditions climatiques changeantes. 
  • Projet STRATAGEME : adaptation des pratiques culturales
    Le Vinipôle mène des expérimentations de terrain en collaboration avec des domaines partenaires en Saône-et-Loire. Ces essais visent à modifier les itinéraires techniques culturaux pour tester des leviers d'adaptation, tels que l'ajustement de la densité de plantation, la conduite de la vigne en gobelet, et l'irrigation raisonnée. L'objectif est de contrer les effets du changement climatique tout en préservant la qualité du raisin et le potentiel œnologique. ​


Perspectives futures
L'adaptation au changement climatique est un enjeu majeur pour la viticulture bourguignonne. Les actions menées par le Vinipôle Sud Bourgogne illustrent la volonté de la filière de s'adapter aux nouvelles conditions climatiques. Ces initiatives, qu'il s'agisse de l'agroforesterie, de la sélection de cépages adaptés ou de l'ajustement des pratiques culturales, contribuent à assurer la pérennité et la qualité de la viticulture régionale face aux défis environnementaux actuels.


Agir aussi sur l’atténuation des effets du changement climatique

Si l’adaptation est essentielle, il est également crucial que la viticulture joue un rôle actif dans l’atténuation de son propre impact environnemental. En tant que secteur directement lié à la nature et à la production de ressources, la viticulture doit intégrer des pratiques qui non seulement répondent aux défis climatiques actuels, mais qui participent également à la réduction de son empreinte écologique. Le Vinipôle Sud Bourgogne accompagne les viticulteurs dans cette transition en menant plusieurs projets phares visant à limiter la consommation d’énergie et d’eau dans les chais et à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les diagnostics carbones : un outil clé pour réduire l'empreinte carbone

L’un des outils les plus puissants pour mesurer et réduire l’empreinte environnementale de la viticulture est le diagnostic carbone. Il permet aux viticulteurs de mieux comprendre l’impact de leurs pratiques sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) et d'identifier des leviers concrets pour réduire cet impact.

Ces diagnostics incluent l’analyse des consommations énergétiques, des transports, des intrants et des processus de vinification. En se basant sur ces données, les exploitations peuvent élaborer un plan d’action personnalisé, visant à optimiser l’utilisation des ressources et à diminuer leur empreinte carbone.

Le Vinipôle offre des diagnostics carbones sur mesure, permettant de prioriser les actions à mener pour diminuer les émissions de GES. Ces actions peuvent inclure, par exemple, la transition vers des énergies renouvelables, l'amélioration de l'efficacité énergétique des équipements, ou encore la réduction des intrants chimiques et la gestion plus raisonnée des ressources naturelles (eau, électricité).

Le projet MOCCA : une viticulture sobre en carbone

Le projet MOCCA (Matière Organique, Changement Climatique et Atténuation) est une initiative phare du Vinipôle, visant à étudier l'impact de la gestion de la matière organique dans les sols viticoles et à promouvoir des pratiques qui contribuent à l'atténuation du changement climatique.

L’objectif principal de MOCCA est de comprendre comment les pratiques viticoles influencent le stockage du carbone dans les sols, et comment cette matière organique peut être utilisée pour capturer du carbone et réduire les émissions de GES. Le projet étudie différentes pratiques agricoles comme le compostage, l’enherbement, l’utilisation de couverts végétaux, et d’autres techniques qui favorisent la séquestration du carbone dans les sols.

En intégrant ces pratiques dans leur gestion quotidienne, les viticulteurs peuvent non seulement réduire leur empreinte carbone, mais aussi améliorer la qualité de leurs sols et leur résilience face aux aléas climatiques.

Initiative : le projet REACH

Face aux épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, la gestion de l’eau devient un enjeu crucial pour la viticulture. Le projet REACH, lancé en 2021 par la Chambre d’Agriculture et le Conseil Départemental de Saône-et-Loire, vise à optimiser les consommations d’eau dans les chais viticoles, afin de préserver cette ressource essentielle à la production de vin.

Depuis son lancement, ce projet a permis à plusieurs domaines viticoles de mieux comprendre leurs besoins en eau et d’identifier des leviers d’action pour réduire leur consommation. Des solutions concrètes ont été proposées pour améliorer la gestion de l’eau, telles que l’optimisation des méthodes de nettoyage, la récupération des eaux de rinçage ou encore l’installation de systèmes de récupération d’eau de pluie. Ces démarches permettent de réduire l’empreinte écologique de la viticulture tout en maintenant une production de qualité.

Le projet REACH représente ainsi un pas important vers une viticulture plus durable, en intégrant des pratiques de gestion de l’eau adaptées aux défis actuels du changement climatique.


Une viticulture plus résiliente et plus durable

En combinant des actions d’adaptation aux aléas climatiques et des projets d’atténuation visant à réduire les émissions de GES et à améliorer la gestion des ressources naturelles, le Vinipôle Sud Bourgogne œuvre pour une viticulture durable, responsable et résiliente. Grâce à des outils comme les diagnostics carbones et des initiatives comme le projet MOCCA, les viticulteurs bourguignons sont mieux armés pour répondre aux enjeux environnementaux de demain, tout en préservant la qualité de leurs vins et en renforçant la compétitivité de la filière.